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Ce blog fait partie d'un ensemble que vous pouvez retrouver sur mon site: www.guerrier-psychologue.com

dimanche 25 novembre 2018

Hyperconnection responsable de burn out


Un très bon documentaire produit par ARTE rassemble un certain nombre de recherches en neuropsychologie, en psychologie, en sociologie...montrant que l'hyperconnection met le cerveau en "surcharge".

Quelques données clés:

A- Le bombardement de signaux crée la surcharge mentale

La gestion des mails : 30% de l’activité d’un salarié, 1er responsable du stress au travail 
Plus le nombre de mails augmente, plus il y a une baisse de l’efficacité
Un cadre sur deux n’ose pas (injonction implicite) se déconnecter le soir chez lui (intrusion/divorce…)  

B- L'attention devant les écrans chute à 45 secondes

En 2004 la durée moyenne de l'attention devant un écran d'ordi: 3 mn
En 2012: 1,15 mn
Les générations de l'an 2000: 45 secondes

https://www.arte.tv/fr/videos/061653-000-A/hyperconnectes-le-cerveau-en-surcharge/


samedi 18 mars 2017

LA DÉMOCRATIE DES CRÉDULES !


Pourquoi les mythes du complot envahissent-ils l'esprit de nos contemporains ? Pourquoi se méfie-t-on toujours des hommes de sciences ?
Comment, d'une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l'adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons ? N'était-il pourtant pas raisonnable d'espérer qu'avec la libre circulation de l'information et l'augmentation du niveau d'étude, les sociétés démocratiques tendraient vers une forme de sagesse collective ? Voici quelques thèmes que la conférence abordera."
"Conférence de l'Institut d'Astrophysique de Paris présentée par Gérald Bronner, professeur de Sociologie Université Paris-Diderot (Paris 7) le 1er avril 2014.

https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/videos/representations-croyances-ideologie/346-la-democratie-des-credules


dimanche 19 juillet 2015

Voici un cours de psychologie sociale de l'Université Rennes II particulièrement bien fait et illustré sur les représentations sociales.


samedi 22 novembre 2014

Décès de Serge Moscovici

DÉCÈS D'UN GRAND INTELLECTUEL.



Source: photographe - http://www.levy-lehmann.com/photo.html photonum=297&personnenum=273&Type=archives


Le psychologue et enseignant Serge Moscovici, mort ce week-end à 89 ans, était «un grand érudit» et «un homme libre», qui occupait «une place à part» dans les sciences sociales, a salué lundi le Premier ministre Manuel Valls. «Avec la mort de Serge Moscovici, un grand érudit, un homme libre nous a quittés», écrit le chef du gouvernement dans un communiqué, dans lequel il rend hommage à son œuvre «exceptionnelle» à la «très grande renommée internationale». «Serge Moscovici fut l’un des fondateurs de la psychologie sociale. Tout au long de sa carrière à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales, ndlr), il a formé des générations d’étudiants et de chercheurs, créant ainsi une école européenne dont la qualité est unanimement saluée», ajoute Manuel Valls.

«L’originalité de sa pensée, la recherche permanente de nouveaux sujets d’étude, la vision profondément humaniste de Serge Moscovici l’ont conduit à occuper une place à part dans les sciences sociales», écrit le Premier ministre en faisant part de ses condoléances.

Jean Benoist, anthropologue,
17 novembre 2014.
source:http://classiques.uqac.ca/contemporains/moscovici_serge/moscovici_serge_photo/moscovici_serge_photo.html

mardi 18 juin 2013

la communication engageante par Robert Vincent Joule, directeur du laboratoire de psychologie sociale à l'Université d'Aix - Marseille



http://youtu.be/WV2peJtT_yQ


Robert Vincent Joule  dans le lien ci- dessus parle de l'expérience du billet perdu comme démonstration de la communication engageante. Voici maintenant la vidéo de l'expérience (réalisée cette fois-ci dans les rues de Montpellier et relatée par Nicole Dubois, Professeur de psychologie sociale, Laboratoire de Psychologie des Universités Lorraines, Université Nancy 2.



http://www.canal-u.tv/video/les_amphis_de_france_5/les_effets_d_une_procedure_d_engagement.3077

mercredi 8 mai 2013

Hommage à Jean-Claude Abric



Hommage de Serge Moscovoci à Jean-Claude Abric.
Professeurs  et directeurs de mémoire que j’ai eu la chance d’avoir au cours de mes études de psychologie à Aix en Provence et à Paris X.

Message que Serge Moscovici a demandé à Thémis Apostolidis de transmettre suite au décès de Jean-Claude Abric (dcd dans la nuit du 12/13 septembre 2012).

« C’est un choc affectif profond que j’ai ressenti en apprenant la mort de Jean-Claude Abric. Notre rencontre remonte à plus d’un demi siècle et diverses images traversent mon souvenir de tout ce temps écoulé, images toujours marquées par les mêmes qualités de l’homme et du chercheur auquel j’ai toujours été attaché. Celle d’abord de l’assistant de recherche qui avait rejoint notre Laboratoire de psychologie sociale, créé rue de la Sorbonne, par Daniel Lagache, avant de m’aider à mettre sur pieds celui que j’ai fondé à la VIème Section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, devenue depuis l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il y resta en tant que Chef de Travaux jusqu’à son départ pour l’Université d’Aix-en-Provence.

Esprit curieux, inventif, ouvert, il s’est intéressé et a pris part à tout ce que nous entreprenions sur les représentations sociales : les recherches sur le corps mais surtout les premières recherches expérimentales concernant l’influence des représentations sur les comportements en situation de jeu qu’il a prolongées par ses propres travaux sur la coopération et la compétition. Ceux-ci furent à la base de sa thèse de Doctorat d’Etat, l’une des premières, sinon la première, de sa génération. Je me rappelle qu’il prenait un plaisir amusé à dire sa fierté d’être le premier Docteur d’Etat de sa région. Derrière son humour, pointaient son enracinement terrien et sa fidélité à ses origines. Deux qualités qui vont se retrouver dans toute son activité et toute son œuvre comme dans ses relations amicales et professionnelles.

L’enracinement dans la réalité fait la force de sa contribution à l’étude des représentations sociales, la fidélité n’a jamais cessé de s’affirmer, faisant de lui une personne inspirant au premier chef la confiance, qualité rare. Jean-Claude est quelqu’un en qui j’ai toujours eu confiance et il ne m’a jamais démenti. Nombreuses ont été les occasions où il l’a justifiée et les coopérations scientifiques qu’il a établies avec d’autres la confirment. Mais quand je pense à lui, l’image qui domine est celle de l’homme de foi, de passion. Il a su suivre avec rigueur et ténacité une voie, raison pour laquelle il a joué un rôle important dans la psychologie sociale française.

Abric a su élargir le champ des représentations sociales et restituer à notre discipline une pertinence sociale. A la différence de Durkheim qui a développé sa théorie des représentations à propos de phénomènes sociaux comme la religion qui sont de nature subtile, spirituelle ou idéelle, Abric a porté son attention sur le champ des pratiques sociales concrètes. Unissant le souci théorique et l’envie d’intervenir dans les affaires humaines, il voyait dans la psychologie sociale une pratique sociale qu’il a réalisée avec talent dans ses applications à divers domaines d’activité. Et quand il s’occupait de cognition, ce n’était pas d’un point de vue logique mais en tant qu’elle a un répondant dans l’action. De ce fait, il a donné à la psychologie sociale la capacité de résoudre des problèmes courants et sa véritable portée sociale.

Jean Claude Abric ne s’est pas contenté d’être un authentique psychologue social, il fut aussi un véritable pédagogue dont témoignent le rayonnement de son œuvre et l’impact qu’il a eu dans divers pays. Il a rendu le concept de représentation sociale accessible et par là a contribué à sa diffusion. Ses qualités de synthèse des concepts et des modèles proposés pour l’étude des représentations sociales, l’intégration harmonieuse qu’il réalisait entre les structures abstraites et les données de l’expérience concrète ont ouvert l’accès de notre champ à de nombreux chercheurs qui ont pu reproduire les approches qu’il diffusait et produire des résultats éclairants sur leur propre réalité. La clarté et la rectitude de son style ont été pour beaucoup dans l’applicabilité de ses propositions et dans sa force de transmission.

Parler de force est sans doute la manière la plus juste de parler de Jean-Claude. Il avait une force de vie dont il a fait montre non seulement dans les différentes facettes de son existence, mais aussi de manière exemplaire dans la maladie. Une force de vie qui a animé toute sa créativité. Nous lui en seront pour toujours reconnaissants.

J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à tous nos amis dont je partage l’affliction.



Serge Moscovici
Paris, le 14 septembre 2012

samedi 13 avril 2013

lundi 14 février 2011

psychologie et psychologie sociale

Un seul titre de psychologue
Il n'existe qu'un seul titre de "psychologue", quelle que soit la spécialité choisie au cours de la 4e et 5e années d'étude (masters 1 et 2).  Le titre de psychologue est protégé par la loi depuis 1985. Il requiert un master 2 pro (ex: DESS) ou un master 2 recherche + stage (ex: DEA).
Cependant, même si les étudiants en psychologie ont suivi un tronc commun de disciplines, il existe des "domaines spécialisés" de plus en plus nombreux : clinique, cognitif, travail, social, enfant & adolescent...(pardon pour tous les autres que je n'ai pas cités). Ensuite, comme pour beaucoup de professions, c'est  l'expérience du psychologue, sa pratique, sa formation tout au long de sa vie professionnelle qui déterminera le niveau d'expertise.

La psychologie sociale


Définition de psychologie sociale :
"En termes formels, on pourrait dire que la psychologie sociale est l'étude scientifique de la façon dont les gens se perçoivent, s'influencent et rentrent en relation les uns avec les autres" (Myers et Lamarche, 1992)


Freud écrit dans "essais de psychologie":
"L'opposition entre la psychologie individuelle et la psychologie sociale, ou la psychologie des foules, qui peut bien à première vue nous paraitre importante, perd beaucoup de son acuité si on l'examine à fond. Certes la psychologie individuelle a pour objet l'homme isolé et cherche à savoir par quelle voies celui-ci tente d'obtenir la satisfaction de ses motions pulsionnelles mais, ce faisant, elle n'est que rarement....en mesure de faire abstraction de l'individu pris isolément, l'Autre intervient très régulièrement en tant que modèle, soutien et adversaire, et de ce fait la psychologie individuelle est aussi d'emblée et simultanément, une psychologie sociale, en ce sens élargi mais parfaitement justifié".

Serge Moscovici ajoute (source: Psychologie sociale. puf fondamentale):
 "En vérité, la psychologie sociale, analyse et explique des phénomènes qui sont simultanément psychologiques et sociaux". 
"Aucune limite précise ne sépare la psychologie sociale d'autres domaines de la psychologie tels que la psychologie de l'enfant, la psychologie clinique et même ce qu'on appelle la psychologie générale. Il n'y a pas non plus de frontières entre la psychologie sociale ou l'anthropologie"
"La psychologie sociale se distingue moins par son territoire que par un regard qui lui est propre".


Le regard psychosocial
Le regard psychosocial se définit par une lecture à trois termes des faits et des relations:
1- Sujet individuel (ou Ego)
2- Sujet social (ou Alter)
3- Objet (social, physique, imaginaire ou réel)
Ce qui présuppose une médiation constante entre ces 3 termes.

dimanche 13 février 2011

Recherches et expérimentations en psychologie sociale pouvant servir de cadre de référence théorique pour comprendre et intervenir sur des comportements tels que le harcèlement au travail

Interview de Jean-Léon Beauvois sur la manipulation




Etude sur l’obéissance à l’autorité
L’expérimentation de psychologie sociale la plus connue du grand public, pour avoir été mise en scène par le cinéma et récemment par la télévision, est celle de Stanley Milgram, psychologue américain, sur l’obéissance à l’autorité. L’expérience est la suivante : une personne reçoit l’ordre par un scientifique d’envoyer des décharges électriques à chaque mauvaise réponse donnée par un élève (adulte), sous justification d’une étude sur l’apprentissage.
Précisons que l’expérience se passe dans les locaux de la célèbre université de Yale et fait l’objet d’une rémunération. En réalité l’élève et le scientifique sont des comédiens. L’élève bien sûr ne reçoit pas de chocs électriques, il simule la douleur.
Le résultat de ces expériences montrent que plus de 62,5 % des personnes obéissent à l’autorité, même quand celle-ci pose un problème de conscience, et envoient les décharges maximales de 405 Volts.
Milgram en conclut que "des gens ordinaires, dépourvus de toute hostilité, peuvent, en s'acquittant de leur tâche, devenir des agents d'un atroce processus de destruction".


Christophe Dejours, psychiatre spécialiste notamment de la souffrance au travail,en arrive au même constat lorsqu'il parle de "banalisation sociale du mal". Marie-France Hirigoyen, psychiatre, poursuit cette réflexion
appliquée au monde du travail: " Il est en effet des individus qui ont besoin d'une autorité supérieure pour parvenir à un certain équilibre. Les pervers récupèrent à leur profit cette docilité et l'utilisent pour infliger la souffrance aux autres".(M-F Hirigoyen,le harcèlement moral, Pocket-Syros)

Etude sur le conformisme
Un autre moteur de l’obéissance est le conformisme, étudié par un autre grand psychologue social, américain Salomon Asch. Dans le cas de l’obéissance à une autorité, le sujet est conscient de réaliser les désirs de l'autorité. Avec le conformisme, l'individu est persuadé que ses motivations lui sont propres et qu'il n'imite pas le comportement du groupe.
Description de l’expérience :
Des groupes d’environ 10 personnes sont conviés pour une prétendue expérience sur l’acuité visuelle. Chaque personne doit repérer sur une série de cartes comportant 3 lignes verticales, celle qui est égale à la ligne présentée sur une autre série de cartes.
Sur les 10 personnes, 9 sont des compères de S. Asch et donnent volontairement des réponses absurdes. Il s’agit, en fait, d’étudier uniquement la capacité d’une personne à résister ou non à la pression d’un groupe dont l’opinion est pourtant manifestement fausse : le groupe, par exemple, prétend que des segments de 3, 4 ou 5 cm sont égaux à d’autres de 10, 12 ou 15 cm.
Résultat :
- 36,8% des sujets renoncent totalement à sa propre opinion pour se conformer à celle du groupe.
Quand le sujet maintient sa propre opinion, c’est au prix d’un  conflit psychologique qu’il tente d’atténuer par un essai d’explication rationnelle incriminant un problème d’acuité visuelle personnel ou même une illusion d’optique. Il reporte donc la responsabilité sur un fait ou événement extérieur à lui-même.

Etude sur l’engagement. 
(Référence théorique intéressante dans le cas d'intervention sur des comportements à risque)
Kurt Lewin, dans les années 1945, avait déjà remarqué, au cours d’une intervention commandée par le gouvernement américain pour faire évoluer le comportement alimentaire des ménagères américaines en période d’économie de guerre, qu' une information argumentée - dite "tactique de l'avocat" - n’était pas suffisante.
Par contre, il avait découvert que le simple fait de demander aux ménagères de s’engager publiquement en levant la main, à la fin de la réunion d'information, pour signifier leur intention de cuisiner autrement (cuisiner des abats) avait un effet positif sur le changement de comportement alimentaire.
Cette expérience a été reprise plus tard dans les années 1970 par un autre psychologue social, Kiesler, qui mit en évidence cette nécessité d’engagement pour obtenir un changement de comportement. L’expérience de Kiesler se passe dans un restaurant, une personne est à table en train de déjeuner, une autre personne arrive dans le restaurant, elle porte un magnifique cartable qu’elle pose à côté de la table de la personne qui déjeune avant de se rendre aux toilettes. Pendant ce temps une troisième arrive dans le restaurant et saisit le cartable et sort du restaurant.
Kiesler fait le constat que dans cette situation, la personne qui déjeune n’intervient jamais ou que très rarement. Par contre, si la personne au cartable demande du feu à la personne qui déjeune avant de déposer son cartable, celle-ci intervient dans 10% des cas pour s’opposer au vol. Et enfin dans le cas où la personne au cartable, demande si la personne qui déjeune peut surveiller son sac pendant son absence, alors celle-ci intervient dans 100% des cas.
Ce ne sont pas les convictions de la personne qui interviennent dans le comportement mais la situation qui crée le changement de comportement.

1- Exemples d’actes préparatoires d'engagement
«  demander du feu, ou surveiller le cartable »   sont définis par Robert-Vincent Joule, psychologue sociale à l'université de Provence, comme des actes préparatoires (au changement de comportement)

En 1966, 2 psychologues sociaux, Freedman et Fraser, introduisirent la technique du pied-dans-la-porte dans la littérature scientifique. Ils ont mené une expérience dans laquelle ils demandent à des propriétaires de poser dans leur jardin un gros panneau incitant les automobilistes à la prudence. Moins de 20% des sujets acceptèrent alors. Dans un deuxième temps, ils demandent à d'autres propriétaires de poser une simple affichette à leur fenêtre. Puis ils leurs demandent d'afficher le même gros panneau. Cette fois, environ 70% acceptèrent. 
L'acte préparatoire, ici la pose d'une petite affichette, acte peu coûteux, permit de faire accepter ensuite avec beaucoup plus de facilité un acte plus coûteux, soit la pose d'un gros panneau.


2- Vidéo du billet perdu.(à partir de l'étude en 2002, de Robert-Vincent Joule)
OU comment la technique du pied dans la porte et l'étiquetage psychologique rendent 40% des gens plus honnêtes!


http://www.canal-u.tv/video/les_amphis_de_france_5/les_effets_d_une_procedure_d_engagement.3077

La demande de changement de comportement est ici implicite.

À lire après avoir vu la vidéo
Une autre expérimentation de Robert-Vincent Joule a démontré que plus l'acte d'engagement était coûteux, plus l'effet sur le comportement était important. Attention cependant à bien élaborer le bon acte préparatoire. Dans l' expérimentation de  R-V Joule, la personne qui demande un renseignement est un touriste étranger. Quand celui-ci fait répéter deux fois le renseignement par le sujet, la probabilité pour que celui redonne le billet tombé est plus forte, et encore plus forte (100%) quand le touriste demande d'être accompagné jusqu'à la bonne direction. Donc plus l'engagement dans l'acte préparatoire est fort, plus l'impact sur le comportement attendu est important.
Pour être efficace en terme de changement de comportement, l'acte d'engagement doit être, selon R-V Joule et Kiesler : libre, en public, explicite, irréversible, répété, lourd de conséquence, couteux en temps, en argent et imputé à des raisons internes (à la personne) et non externes (du type "tactique de la punition" ou récompense parce que le sujet pourrait expliquer son engagement par un choix extérieur à lui).


3- Théorie de l'engagement et théorie de l'identification de l'action
R-V Joule, au cours d'une action qu'il menait dans le cadre d'une campagne de lutte contre le sida, avait été déçu du résultat d'un acte préparatoire qui comportait pourtant toute les caractéristiques évoquées ci-dessus. Cet acte était la réalisation d'un film sur le port du préservatif, réalisé, joué par les lycéens eux-mêmes. Certes au niveau cognitif ils avaient parfaitement intégré l'intérêt de mettre un préservatif, mais les comportements ne suivaient pas forcément. Par contre on assista à un regain de motivation et d'attente pour l'activité cinéma au lycée. 
L'acte n'était pas suffisamment identifié, comme un acte à valeur forte contre le sida
d'ou la nécessité de se reporter à une autre théorie développée par 2 américains (Wegner et Vallader, 1986) sur l'identification de l'action.
R-V Joule donne l'exemple de quelqu'un qui est train de casser un oeuf. Si on lui demande "qu'est-ce que tu fais", il y a peu de chance qu'il réponde "je casse un oeuf", il dira peut-être "je fais une omelette" ou plus certainement "je prépare le repas". Dans ces 3 niveaux de réponses (oeuf-omelette-repas), nous avons trois périmètres d'identification de l'action. Plus le périmètre est large, plus il est porteur de valeurs sociales élevées, et plus l'effet sur le comportement attendu sera important.




samedi 12 février 2011

D'autres monuments de la psychologie sociale

La théorie de la dissonance
Une des plus importantes et fructueuses théories de psychologie sociale, que l’on doit à Léon Festinger, psychologue social américain de l’université de Stanford (1919/1989).  Que révèle t-elle ?
Lorsqu’ une personne agit en désaccord avec ses croyances, ses convictions, celle-ci éprouve une tension inconfortable nommée « dissonance », qu’elle tendra à réduire, par exemple par une modification de ses croyances dans le sens de son acte.
Kiesler et R-V Joule ajoutent une condition pour qu’il y ait ce mécanisme de réduction de tension: l’acte opposé aux convictions doit avoir les caractéristiques d’un engagement, c’est à dire se réaliser dans un contexte de liberté, ou d’irréversibilité avec conséquences, ou publiquement.
Cette théorie vient discréditer l’idée que l’homme agit selon ses convictions. En effet l’homme, justifierait après coup son comportement en ajustant ses convictions.

Exemple d'une application en communication
Un message visant à modifier le comportement d'un grand nombre de personnes ne peut être accepté que lorsque toute dissonance cognitive a disparu. Prenons l'exemple d'une campagne de sécurité routière avec comme message:
"l'alcool au volant est un danger mortel". 
Les personnes "addict" à l'alcool et qui n'ont pas manifesté le désir de soins seront en dissonance cognitive. Pour réduire cette dissonance, elles peuvent soit éviter le message, soit l'interpréter pour diminuer sa portée jusqu'à remettre en cause sa crédibilité.

Pour faire accepter le message, la solution peut être de crédibiliser le message en s'appuyant sur des personnes de confiance (médecins, experts…), ou sur des faits avérés.


Les représentations sociales : un « monument »
Cet ensemble de théories s’attaque à un pan gigantesque de notre façon de penser, d’appréhender les faits, les évènements du monde. Le chercheur, chef de file de ce courant d’études est Serge Moscovici. Il a mis en évidence avec d’autres chercheurs, Abric, Flament, Jodelet…l’organisation de cette pensée sociale, son rôle et sa relation de cause à effet avec les comportements.

Denise Jodelet donne une définition des représentions sociales.
JODELET (D.). 1984. Représentations sociales : phénomènes, concepts et théorie. In : MOSCOVICI.(S) ; Psychologie sociale. Paris, PUF, p. 357-378.

Extrait:
« Le concept de représentation sociale désigne une forme de connaissance spécifique, le savoir de sens commun.... Plus largement, il désigne une forme de pensée sociale. Les représentations sociales sont des modalités de pensée pratique orientées vers la communication, la compréhension et la maîtrise de l'environnement social, matériel et idéal…

En vulgarisant, on peut dire...
Cette pensée sociale serait organisée de la sorte : un noyau central et des éléments périphériques. Le éléments du noyau central sont stables, ils sont responsables de la consistance de la pensée. Les éléments périphériques seraient des variables d'ajustement, plus souples qui pourraient faire évoluer à la marge cette pensée. 
Pour changer radicalement une pensée sociale (représentation sociale), notamment à l'endroit d'un objet ou sujet de société particulier, il faudrait atteindre le noyau central.

Exemple (non étudié, inventé par mes soins juste pour l'illustration)
Représentation sociale de la star pour une population de personnes entre 30 et 60 ans.

Comment s'organise la pensée sociale qu'ils ont d'une star?
Par une technique de recueil d'informations auprès d'eux que je ne détaillerai pas, on obtiendrait par exemple les mots ou expressions suivants: cinéma, rock, voiture de luxe, états-unis, célèbre, riche, lunettes noires, sexe, scandale, médiatisation.
Certains de ces mots constituent le noyau dur de la pensée, les plus stables, les moins faciles à ébranler parce qu'ils sont responsables du fondement, des racines de la représentation sociale de la star.
Imaginons que ces éléments du noyau central sont:  célèbre, riche, médiatisation et que tous les autres sont des éléments périphériques, cela veut dire que si l'on veut que la représentation sociale de la star change dans cette population de 30-60 ans, il faut une information, un événement suffisamment fort pour ébranler ce noyau central. Ainsi si d'aventure plusieurs stars émergaient et se caractérisaient notamment par leur pauvreté, alors la représentation sociale de la star ne serait plus la même. Au contraire si ces nouvelles stars se caractérisaient par un refus de porter des lunettes noires ou de rouler en voitures luxueuses, la représentation sociale de la star n'en serait pas changée pour autant, simplement un ajustement.



À consulter également pour comprendre comment s’organisent les RS:
Lien vers la page du site psychoweb qui décrit très bien de manière synthétique les travaux de Jean-Claude Abric, université de Provence, sur l’étude du noyau central d’une représentation sociale.

http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-sociale/167-abric-1984-1989-noyau-central-d-une-representation-so.html


À noter que théorie de l'engagement et théorie de la représentation sociale ont une vision différente du changement, selon la première, les convictions, croyances sont élaborer à partir du comportement (notamment pour le justifier), donc le changement doit s'opérer par le comportement. Pour la seconde théorie, les Représentations Sociales sous-tendent ou vont déterminer les comportements, donc pour changer un comportement, il faut atteindre le système de croyances, de conviction des sujets, par de nouvelles informations.(voir théorie du noyau central)

vendredi 11 février 2011

Retour à l'activité en cabinet: consulter avant d’arriver à épuisement

Le travail occupe une place importante dans la vie de chacun. Outre sa contrepartie financière, il est constitutif de notre identité, c’est pour cette raison que l’on y est si attaché.
Le travail peut rendre heureux et nous épanouir quand nous lui trouvons un sens, quand nous en obtenons une reconnaissance. Il peut aussi, pour les mêmes raisons, faire souffrir, quand il est vide de sens, quand il est réduit à une performance exclusivement de rendement, quand nous devenons un outil interchangeable et perdons la reconnaissance de notre hiérarchie, de nos pairs.
À notre propre déni de souffrance, s’ajoute celui de notre entourage professionnel, pour qui une telle situation engendre de la peur. Des mécanismes de banalisation, de rejet, de dévalorisation isole la personne dans sa détresse.
L’organisation du travail est pour la plupart du temps responsable de ces maux. Elle a l’ avantage de fournir des éléments factuels, objectifs que nous pouvons repérer et sur lesquels nous pouvons intervenir


Pourquoi est-il important de consulter un psychologue dès les premiers signes de mal-être au travail ?
Tout simplement pour rester toujours acteur de la situation, en avoir une bonne compréhension et mobiliser les ressources personnelles et extérieures (la justice parfois)  nécessaires à sa gestion. Enfin et surtout pour éviter que ne s’installent des troubles physiques et psychologiques plus durables.


 "Parallèlement aux démarches administratives et/ou juridique, un accompagnement psychologique est très important" Marie Pezé, psychologue clinicienne, psychanalyste, auteur "il ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés 


Video : stress et harcèlement - Marie Pezé

 http://www.youtube.com/watch?v=oRPQdr8z_fY




Références sur la souffrance au travail 
Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste, dans son ouvrage « le harcèlement moral dans la vie professionnelle » signale les amalgames au sujet de la notion de harcèlement moral. Elle différencie le stress au travail, du harcèlement professionnel et du harcèlement moral.

Si chacune de ces situations créent de la souffrance, les atteintes psychologiques sont différentes et nécessitent par conséquent des réponses et des soins particuliers.
Le harcèlement moral se caractérise par l’intention de nuire du harceleur générant chez la victime, de manière durable, honte, humiliation et sentiment d’impuissance. Le stress au travail, quant à lui, n’est pas dirigé nécessairement vers une personne, il peut être la résultante de problème organisationnel, de management stressant. Enfin, le harcèlement professionnel (ou managérial) correspond à une pression notamment pour produire plus ou mieux, il touche un poste, un service, une entreprise, mais n’est pas dirigé vers une personne de manière délibérée et répétée.

Dans le cas de souffrance liée au stress ou au harcèlement professionnel, le conflit peut apparaître entre les personnes concernées, il peut être salutaire. La confrontation est possible.
Dans le harcèlement moral, il n’y a pas de conflit ouvert, la confrontation est refusée. L’agression est souvent sournoise, niée, perverse.

Les solutions vont être différentes :
Le repos, l’arrêt de travail, l’intervention d’un délégué du personnel ou d’un médiateur, la gestion de conflits, un soutien psychologique, seront généralement suffisants pour se rétablir dans les situations de stress ou de harcèlement professionnel.
Pour le harcèlement moral, quand celui-ci n’est pas détecté rapidement, les victimes présentent des pathologies psychologiques (62% de dépression), psychosomatiques, (52% des cas) qui nécessitent une prise en charge médicale, psychiatrique ou en psychothérapie.

Se protéger et dénoncer
Outre la prise en charge médicale et psychologique, il est important d’une part de se protéger et d’autre part de dénoncer ce harcèlement pervers. Se protéger en adoptant une attitude particulière – à mettre en place avec un psychologue - sur son lieu de travail pour éviter de tomber dans le panneau de la faute professionnelle ou du débordement émotionnel que le harceleur attend. Puis, dénoncer d’abord auprès de sa hiérarchie, du DRH, du délégué du personnel, le harcèlement moral. Si des solutions ne sont pas trouvées, préparer sa défense devant les tribunaux, en prenant des notes, en recueillant des témoignages, en demandant un avis juridique auprès d’un avocat ou de l’inspection du travail, en se rapprochant d’associations de défense des salariés…


L’approche de la psychodynamique du travail, considère le gap entre travail prescrit (par l’entreprise) et travail réel (vécu par le salarié)  qui constitue un point névralgique. Le salarié va déployer des stratégies, des conduites spécifiques, coûteuses sur le plan psychologique et physique, pour tenter d’ajuster travail prescrit et travail réel.Ce champ théorique s'est développé grâce au travaux récent du psychiatre: Christophe Dejours.






"L’approche psychodynamique a pour objet la mobilisation de l’intelligence et de la per- sonnalité des agents ; celles-ci concourent à surmonter ce que la réalité leur oppose en terme d’aléas et de contradiction au sein de leur travail. En d’autres termes, le travail est « ce qui n’est pas déjà donné par l’organisation théorique du travail », tout ce que les hommes et les femmes s’ingénient à inventer pour trouver les meilleurs compromis entre ce qu’ils doivent faire, ce qui leur est possible de faire, et ce qu’ils souhaiteraient faire, compte tenu de ce qu’ils pensent être le juste ou le bien". Actualité et dossier en santé publique n° 9 décembre 1994 page XIX.